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Réflexions sur l’avenir de la Franc-maçonnerie Discours prononcé le 29 mai 2010 à l’occasion de la commémoration du 25ème anniversaire du Jean Pierre Augier
Je vous ferai part aujourd’hui de quelques réflexions sur l’avenir de la Franc-maçonnerie et des Loges de recherche. Ces réflexions me sont personnelles, mais je crois qu’elles reflètent dans une assez large mesure l’esprit de la Maçonnerie suisse et les orientations de notre groupe de recherche. Il faut partir du principe que la recherche maçonnique est au service de la Franc-maçonnerie, et que la Maçonnerie elle-même est au service de l’humanité. Par conséquent, toute discussion sur le futur des Loges de recherche doit à mon sens avoir pour base une approche globale de la situation et des problèmes d’avenir de la Franc-maçonnerie comme de l’humanité. Je suivrai donc cette démarche, tout en commençant par quelques mots préalables sur le futur, le passé et l’histoire. Le futur, le passé et l’histoire Pour se diriger dans la vie, orienter sa marche, il est utile de savoir d’où l’on vient, mais il est encore plus important de savoir où l’on va. Cela permet de choisir la bonne route et d’y régler son pas. Or la Franc-maçonnerie est à mon avis par trop tournée vers son passé, insuffisamment vers son avenir. Certes, la pratique de toute tradition implique que l’on soit relié au passé, mais il ne faut pas abuser du rétroviseur et plutôt regarder devant soi. Cultiver la tradition ne signifie pas se complaire dans la nostalgie d’une glorieuse histoire, mais bien la faire vivre au présent et assurer son futur. Trop souvent la culture et les travaux maçonniques se limitent à célébrer l’impact de notre ordre et de ses éminentes figures sur l’essor intellectuel ou scientifique du siècle des Lumières ou sur les progrès politiques et sociaux du 19ème siècle. Pour être crédible et remplir sa mission à la fois humaniste et initiatique, la Maçonnerie doit à l’évidence dépasser cela. De même, la recherche maçonnique ne saurait se cantonner à la recherche historique, ni même privilégier celle-ci. Comme l’écrivait il y a cinq ans le rédacteur en chef de notre revue Masonica, Michel Jaccard, dans l’avant-propos de l’édition publiée à l’occasion du 20ème anniversaire du GRA, « la tendance mondiale des Loges de recherche qui prône une recherche historique réductrice, épousant le matérialisme ambiant », pour utile qu’elle puisse être, devrait bien plutôt insister « sur les fondement spirituels de notre mouvement…afin de fournir au Maçon chercheur des réflexions pour son édification spirituelle…pour penser l’Esprit aujourd’hui ». Ces propos restent parfaitement pertinents. Connaître l’histoire des hommes n’est en effet utile que dans la perspective de l’action présente ou future, comme cela est du reste indispensable en matière politique au sens le plus large. Connaître l’histoire de la Franc-maçonnerie, d’une Obédience, d’un rite, grade ou symbole est utile au Maçon, chercheur mis à part, dans la mesure seulement où l’information historique l’éclaire sur le sens profond de la tradition maçonnique et lui permet donc de vivre plus intensément sa qualité d’initié. J’ajoute ici deux observations qui me sont assez personnelles. D’une part, je crois qu’il est souvent plus utile de rechercher la réalité mythique que la vérité historique. Cela en Maçonnerie de même qu’en politique, car le destin de l’humanité comme celui de l’individu est tracé bien plus par les archétypes et mythes qui sommeillent dans la psyché humaine que par l’analyse intellectuelle des faits et la volonté consciente. D’autre part, la Maçonnerie étant par nature initiatique, et l’initiation par essence spirituelle, l’une et l’autre ont notamment pour vocation d’affranchir l’homme de l’obsession du temps, sinon des contingences du siècle, et d’ouvrir l’être à l’éternité. Par conséquent, j’estime que toute tradition initiatique ou spirituelle transcende l’histoire, y compris même sa propre histoire. Cela dit, je n’entends nullement critiquer la recherche historique en soi, que je trouve du reste souvent passionnante et qui a l’avantage d’écarter les fantasmes, de conduire à prendre les mythes pour ce qu’ils sont, avec toute leur richesse symbolique, sans les tenir pour des vérités historiques. J’insiste simplement pour que la recherche maçonnique ne se limite pas à l’histoire et pour qu’elle explore d’autres voies, à mon sens axées sur l’avenir et plus fructueuses sur le plan initiatique. La recherche au service de la Maçonnerie et de l’humanité Les Loges de recherche sont au service de la Franc-maçonnerie. Leur activité doit donc être utile à l’Ordre maçonnique dans son ensemble, aux Obédiences et aux Loges ainsi qu’aux Maçons individuellement. Or pour être ainsi profitable, la recherche maçonnique doit répondre aux besoins de la Franc-maçonnerie. Elle ne doit pas travailler pour elle-même, en vase clos. Afin de déterminer dans quelle direction il est souhaitable que les Loges de recherche travaillent, il faut donc définir ce dont la Franc-maçonnerie et les Maçons ont besoin. Pour discerner ces besoins, il faut encore aller plus loin et s’interroger sur l’avenir de la Maçonnerie elle-même, sur sa mission essentielle, présente et future. Or la Franc-maçonnerie est au service de l’homme et de l’humanité. Par conséquent, pour vivre et remplir sa mission, elle doit être bénéfique à l’individu et à la société, c’est-à-dire combler leurs manques, dans le champ de son action traditionnelle. En d’autres termes, la recherche maçonnique étant au service de l’Ordre, la réflexion sur l’avenir et les orientations souhaitables des Loges de recherche doit être fondée sur l’analyse des besoins fondamentaux de la Maçonnerie et de l’être humain. Je poursuivrai donc mon propos en quatre étapes. Premièrement, en dressant un bref bilan de l’état du monde actuel, afin de discerner quels sont et seront les besoins réels de l’humanité. Deuxièmement en m’interrogeant sur la manière dont la Franc-maçonnerie pourra être utile à l’humanité, compte tenu de sa spécificité traditionnelle et initiatique. Troisièmement, j’aborderai les problèmes auxquels la Maçonnerie est confrontée, en particulier son relatif déclin et son adaptation au temps présent. Quatrièmement, j’esquisserai ce que devrait être à mon sens l’orientation et le rôle futur des Loges de recherche. Quant au bilan sur l’état du monde et les besoins de l’être humain, un rapide diagnostic n’est guère difficile à poser. Notre société et l’homme d’aujourd’hui souffrent d’un assez grave déséquilibre. Depuis deux siècles, l’humanité n’a cessé de progresser sur le plan scientifique et technique, accroissant notre bien-être matériel et notre liberté physique. Mais ce progrès s’est fait au détriment des dimensions morale, psychique et spirituelle, dimensions pourtant indispensables à l’homme. Or ce déséquilibre ne nuit pas seulement à l’épanouissement de l’individu, il compromet aussi l’avenir collectif de notre civilisation et menace même la vie sur notre planète. D’une part, les menaces physiques qui pèsent sur l’avenir sont connues : explosion et mouvements démographiques, surexploitation et destruction du milieu vital, économie mondiale non maîtrisée et déséquilibres sociaux, conflits et guerres, etc. Ce bilan tiré, la sagesse et la psychologie appliquées à l’histoire enseignent que les maux et bouleversements qui affectent l’humanité, les drames qui s’abattent sur le monde ont l’homme pour origine. Nos problèmes de société n’ont pour la plupart pas leur source dans des facteurs objectifs et rationnels, mais bien dans les attitudes inconscientes et les dérèglements psychiques des peuples, c’est-à-dire des individus qui composent la collectivité. C’est pourquoi les remèdes proposés par les scientifiques, économistes, politiciens ou militaires ont si peu de prise sur la réalité. En bref, une phrase peut résumer tous les problèmes du monde contemporain : le progrès est devenu une insensée fuite en avant, et en ultime analyse, ce qui menace l’humanité comme l’individu, c’est la perte de sens. Perte du sens commun, du sens moral et du sens spirituel. Par conséquent, ce dont l’homme a principalement besoin, pour éviter la barbarie ou faire face aux calamités provoquées par l’incurie et les vices de la société, ce n’est pas d’abord de moyens physiques ou de solutions matérielles, ce sont de remèdes et de soins psychiques, moraux et spirituels. Le salut collectif ne peut venir que d’une élévation du niveau de conscience de l’humanité, élévation qui ne peut résulter que du progrès individuel. Certes tous les hommes ne peuvent pas accéder à un niveau de conscience supérieur. Mais pour échapper aux menaces qui planent sur elle, il est vital que l’humanité future puisse compter sur un pourcentage d’hommes suffisamment équilibrés et structurés intérieurement pour faire pencher la balance du monde vers la sagesse et non vers la folie collective. La mission de la Franc-maçonnerie dans le monde de demain Or la Franc-maçonnerie peut – c’est la deuxième étape de ma réflexion – contribuer à élever le niveau de conscience de l’humanité, et à réduire de ce fait les déséquilibres qui menacent le monde. Je crois que ce sera là sa mission prioritaire dans les décennies qui viennent. La Maçonnerie a œuvré par le passé pour le progrès matériel et la liberté sociale. Je pense qu’elle devra travailler demain au progrès moral et spirituel, à la liberté intérieure dont l’homme a un urgent besoin. Une telle orientation correspond du reste à la vraie vocation de notre Ordre. La Franc-maçonnerie n’est ni un club service ni un parti politique, ni non plus une secte religieuse ou un salon philosophique. Dès son origine, la Maçonnerie a reposé sur deux piliers. D’une part sa mission initiatique, ésotérique et individuelle, morale et spirituelle. D’autre part son engagement humaniste, exotérique et collectif, sur le plan culturel, social ou politique. Ce qui fait toutefois l’originalité de la Maçonnerie, c’est sa dimension initiatique, ses rituels et ses symboles. De ces deux pôles, respectivement initiatique et humaniste, l’un ou l’autre ne doit pas être privilégié a priori ou par principe. Il convient de leur donner un juste équilibre, cela en fonction des besoins essentiels de l’individu et de la société, des besoins du Maçon et de l’Ordre, dans le monde actuel et pour l’avenir. Cet équilibre n’a donc rien d’immuable. En effet si le fond de l’âme humaine ne change guère, ce qui justifie la permanence de la tradition, la société des hommes est en perpétuelle transformation. La Franc-maçonnerie doit donc adapter son orientation et son action aux perspectives du futur. Une tradition ne conserve sa vitalité et son utilité que si elle est capable à la fois de garder de son passé ce qui est essentiel, et de faire vivre cet essentiel parmi les hommes, en répondant à leurs attentes profondes. Du reste, en bientôt trois siècles d’existence, la Franc-maçonnerie moderne n’a cessé d’évoluer. Il n’est donc pas raisonnable de s’accrocher aux orientations du passé. Aux 19ème et 20ème siècles, la Franc-maçonnerie a lutté pour un certain progrès : la liberté politique, l’égalité sociale, le bien-être matériel. Mais elle n’est par nature ni révolutionnaire ni matérialiste. Si la Maçonnerie s’est autrefois engagée avec succès dans cette direction, cela ne signifie pas qu’on ne puisse, aujourd’hui, changer de registre. Au demeurant, si elle eut alors ce succès, c’est parce qu’elle portait encore en elle les valeurs morales et culturelles, intellectuelles et spirituelles qui sont au cœur de notre tradition et de notre civilisation. Or l’état du monde, on l’a vu, appelle la Franc-maçonnerie à recentrer son action pour privilégier sa vocation initiatique. Une telle orientation s’inscrirait à la fois dans le sens d’un retour aux sources et dans celui de servir l’humanité de demain. Je crois que là sera la modernité de la Maçonnerie, l’utilité de notre tradition pour les générations futures. Les réponses au relatif déclin de la Franc-maçonnerie Défendre et promouvoir la spécificité initiatique de notre tradition devrait être non seulement profitable à la société mais aussi salutaire pour l’Ordre maçonnique – troisième objet de ma réflexion. Plusieurs Obédiences et de nombreux Maçons, en Suisse notamment, s’inquiètent de la stagnation ou de la diminution des effectifs de la Maçonnerie, de son éloignement de la vie publique et du déclin de son rayonnement. On s’interroge donc sur son attractivité et sa modernité. Beaucoup imaginent que pour s’adapter aux changements du monde et rendre la Franc-maçonnerie plus attrayante donc prospère, il faudrait accroître sa visibilité par plus d’ouverture, son engagement social ou humanitaire, ses interventions dans les débats éthiques ou politiques. Or compte tenu de mon analyse sur l’état du monde et les besoins de l’homme, je ne pense pas que ce soient là les meilleurs moyens de dynamiser notre Ordre. Il y a quelques années, je discutais avec un Grand Maître qui souhaitait augmenter le nombre d’adhésions à la Franc-maçonnerie en développant une politique de marketing fondée sur la visibilité et les engagements exotériques que j’ai cité. Je lui ai répondu que le marketing était inutile si le produit n’était pas bon et décevait le consommateur. Car je pense que ce qui menace la Franc-maçonnerie ce n’est pas le manque d’intérêt à l’extérieur, ou l’insuffisance des adhésions, mais bien la déception à l’intérieur, les Frères qui quittent la Maçonnerie parce qu’ils n’y ont pas trouvé ce que celle-ci était censée leur donner. Toujours en langage trivial et commercial, quand je parle de la qualité du produit maçonnique, je ne vise pas la tradition mais les hommes. Je ne mets pas en cause la matière première, la symbolique et les rituels, mais sa mise en œuvre, autrement dit la qualité du travail maçonnique et des Maçons eux-mêmes. Pour que la Franc-maçonnerie reste attractive, et qu’elle puisse remplir sa mission en faveur des hommes et de l’humanité, il est nécessaire que le produit maçonnique, si j’ose dire, réponde aux besoins du consommateur et ne le déçoive pas. Première question, que recherchent fondamentalement les profanes, sincères et désintéressés, qui désirent entrer en Maçonnerie ? Compte tenu de l’état du monde et des besoin de l’être humain, je pense que la majorité de ceux qui se tournent aujourd’hui vers notre Ordre, comme ceux qui le feront demain, y adhèrent, consciemment ou inconsciemment, pour y trouver un sens à leur destin et à celui de l’existence humaine. Et dans cette quête, ils attendent principalement de la Maçonnerie qu’elle leur offre ce qui lui est spécifique, son message initiatique, sa voie de perfectionnement intellectuel, moral et spirituel. Seconde question, la Maçonnerie généralement pratiquée aujourd’hui répond-elle concrètement à ces attentes ? Je crois malheureusement que tel n’est souvent pas le cas. Pour que les Loges soient en mesure d’y répondre, il est à mon avis nécessaire non seulement d’orienter leur travail dans la bonne direction, mais aussi de donner à ce travail un niveau qualitatif satisfaisant. Cette qualité concerne, d’une part, le soin et la rigueur dans la pratique des rituels. Car si l’on veut que la Franc-maçonnerie remplisse sa mission initiatique et contribue au développement moral et spirituel des Maçons, il faut que les travaux rituels soient d’une qualité irréprochable et, surtout, qu’ils soient conduits avec une pleine conscience de leur portée initiatique. Cette qualité concerne, d’autre part, le sérieux et la profondeur de l’instruction au sens large. Car si l’on veut former aujourd’hui les Frères qui feront la Franc-maçonnerie de demain, il est indispensable de leur apporter des nourritures symboliques et intellectuelles, philosophiques et spirituelles qui soient à la hauteur. Mission et orientation future des Loges de recherche C’est dans le sens d’une telle instruction, je crois, que la recherche maçonnique – dernier objet de mes réflexions – devrait à l’avenir orienter ou développer son champ d’activité. Œuvrer au bénéfice de la Franc-maçonnerie en stimulant le travail des Loges et la quête individuelle des Maçons. Cela en leur offrant des articles, études ou ouvrages qui nourrissent la démarche initiatique et sa finalité spirituelle. Je crois que cette direction est dans l’esprit du temps, maçonnique et profane. J’espère qu’elle sera suivie par de nombreuses Loges de recherche, avec plus ou moins d’intensité, chacune devant naturellement s’adapter aux besoins du pays et de l’Obédience où elle travaille. Au demeurant, les orientations diverses et les différents domaines de prédilection des Loges de recherche à travers le monde sont une richesse. Et cette variété devrait même conduire à de fructueuses synergies. Cela dit, je pense que l’orientation que je préconise pourrait être concrètement balisée par les quelques principes suivants. Tout d’abord, puisque l’initiation et le symbolisme font la spécificité de la Maçonnerie, il est essentiel que les Loges de recherche se concentrent sur le symbolisme initiatique. Cela en produisant des travaux qui ne soient pas simplement descriptifs ou analytiques, mais qui soient herméneutiques et pédagogiques, des travaux qui stimulent non seulement le goût de la recherche intellectuelle mais aussi le désir de la mise en pratique et de l’expérience vécue. Et puisque la finalité de l’initiation comprend une dimension spirituelle, je pense même que la recherche maçonnique ne doit pas craindre d’explorer les chemins de la spiritualité ou de la métaphysique. Ensuite, afin de dynamiser le travail des Frères, et leur vie d’initiés, je crois aussi qu’il n’est pas suffisant de les instruire par l’étude de symboles, de mythes ou d’éléments rituels particuliers, mais qu’il est aussi important de leur expliquer comment fonctionne le langage des symboles et comment les rituels agissent sur l’initié. Il me semble donc que la recherche maçonnique devrait s’atteler à cette tâche en approfondissant ses études sur la méthode symbolique et le phénomène initiatique. Enfin, comme symbolisme et initiation sont fondés sur des processus psychiques et spirituels bien réels, je pense que la recherche maçonnique devrait notamment les étudier sous l’angle de la science psychologique. Et je vise là, naturellement, la psychologie des profondeurs, développée par Jung, car celle-ci offre de très précieuses clés pour comprendre comment agissent symboles et rituels, et par conséquent pour comprendre ce qu’est la Franc-maçonnerie, la manière dont il convient de la pratiquer et quelle est sa finalité. En conclusion, je dirai que la mission des Loges de recherche, au service de la Franc-Maçonnerie, devrait à l’avenir revêtir une importance croissante. Car si, comme je l’envisage, la Maçonnerie de demain est appelée à se concentrer sur sa vocation initiatique première, elle connaîtra un besoin accru de soutien, de support intellectuel, pédagogique et même spirituel. Soutien que les Loges de recherche devraient être en mesure et avoir à cœur de lui fournir. En outre, j’ai le sentiment que les Loges de recherche pourraient jouer à l’avenir un rôle, peut-être modeste mais non négligeable, à l’égard du monde profane, en y améliorant l’image de la Franc-maçonnerie. Car malheureusement celle-ci est trop souvent perçue tantôt comme affairiste ou politicienne, tantôt comme vieillissante ou théâtrale. Or je pense qu’un engagement plus marqué de la recherche maçonnique dans le domaine fondamental de l’initiatique, allié à un peu plus de visibilité, pourrait contribuer à corriger l’image caricaturale que le monde profane se fait de la Maçonnerie. Enfin – il n’est pas interdit de rêver – on pourrait concevoir les Loges de recherche de demain comme des foyers de conscience morale et spirituelle. Des foyers de l’esprit qui seraient suffisamment indépendants de leurs Obédiences et formés d’hommes assez éclairés pour garantir la pérennité de la tradition maçonnique.
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