|
|
Editorial Le 29 mai 2010, le
Groupe de Recherche suisse Alpina célébrait à Lausanne
son semi jubilé. Une réflexion approfondie sur la fonction,
lutilité et le rôle des Loges de Recherche dans le
monde simposait delle-même. Et tout dabord
une définition spécifique savérait nécessaire.
Il ne semble pas que le concept même de ce type datelier maçonnique
soit toujours très clair à lesprit de beaucoup et
une définition se révélait utile. Des réponses
furent données au cours dune cérémonie simple,
conviviale et fraternelle à laquelle avaient accepté de
participer le Wbro Dr John Wade V.M. de la Loge de Recherche « Quatuor
Coronati » N° 2076, de Londres ainsi que le Wbro John Acaster,
Secrétaire de "Quatuor Coronati", Rafaele Stoppini, V.M.
de la Loge de Recherche "Quatuor Coronati" de Peruggia (Italie),
le passé GM de la Grande Loge de France, Alain Graesel (ès qualité
du GM, Alain-Noël
Dubart), Alain Chambron, V.M. de la R.L. de recherche Jean Scot Erigène
de la Grande Loge de France, Jean Paul Holstein V.M. de la R.L. Villard
de Honnecourt de la Grande Loge Nationale Française et le Dr. Roger
Dachez, président de lInstitut maçonnique de France.
Etaient naturellement présents les dignitaires de la Grande Loge
Suisse Alpina, en tout premier lieu son G.M. Bruno Welti et Jean Michel
Macherpa, G.M. élu. Réponses traduisant
une certaine perplexité devant lémergence dun
nouveau paradigme de société. Depuis sa création
au début du XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie a toujours
été liée à une forme dhumanisme et impliquée
indirectement aux bouleversements historiques et politiques des nations
européennes. Aujourdhui,
nous assistons tout simplement, à la naissance dune nouvelle
vision du monde, à un visage encore inédit de lhumanisme.
Et comme le dit Gilles Lipovetsky dans les "Métamorphoses
de lhumanisme" : « Ce nest plus cet humanisme
du XVIIIe siècle qui fut certes porteur dun vaste projet démancipation,
mais qui conduisit aussi pour des raisons structurelles de fond, à
limpérialisme et à la colonisation, mais au contraire
un humanisme post-colonial et post-métaphysique, un humanisme de
transcendance de lautre, de la sympathie et de laffect qui
sépanouit progressivement à la fin du XX siècle
». Reprenant les propos
de Michel Jaccard, notre rédacteur en chef qui écrivait dans
le numéro du 20ème anniversaire MASONICA : « La
tendance mondiale des Loges de recherche qui prône une recherche
historique réductrice, épousant le matérialisme ambiant, pour utile quelle puisse être, devrait bien plutôt
insister sur les fondement spirituels de notre mouvement [
] afin
de fournir au Maçon chercheur des réflexions pour son édification
spirituelle [
] pour penser lEsprit aujourdhui »,
notre Frère Jean Pierre Augier, ancien orateur de langue française
de la Grande Loge Suisse Alpina, remarquait au cours de sa brillante intervention
(1) : « Les Loges de recherche sont au service de la Franc-Maçonnerie.
Leur activité doit donc être utile à lOrdre
maçonnique dans son ensemble, aux Obédiences et aux Loges
ainsi quaux Maçons individuellement. Or pour être ainsi
profitable, la recherche maçonnique doit répondre aux besoins
de la Franc-Maçonnerie. Elle ne doit pas travailler pour elle-même,
en vase clos. Afin de déterminer dans quelle direction il est souhaitable
que les Loges de recherche travaillent, il faut donc définir ce
dont la Franc-Maçonnerie et les Maçons ont besoin »
. Propos confirmés peu après par le Dr. Roger Dachez au
cours dun éblouissant exposé. Voilà sans
doute le chemin tracé, assigné aux Francs-Maçons.
Jean Pierre Augier le confirme dailleurs plus loin : « Le
salut collectif ne peut venir que dune élévation du
niveau de conscience de lhumanité, élévation
qui ne peut résulter que du progrès individuel. Certes tous
les hommes ne peuvent pas accéder à un niveau de conscience
supérieur. Mais pour échapper aux menaces qui planent sur
elle, il est vital que lhumanité future puisse compter sur
un pourcentage dhommes suffisamment équilibrés et
structurés intérieurement pour faire pencher la balance
du monde vers la sagesse et non vers la folie collective ». Certes, la lente
transformation individuelle, ce chemin vers lindividuation, parcouru
collectivement dans les Loges, reste essentielle, fondamentale et doit
être indépendante de toute influence obédientielle,
telle que cela se pratique en Suisse selon un « credo » qui
est nôtre : « un Maçon libre dans une Loge libre ».
Ainsi, les Loges de Recherche dans leur ensemble ont-elles la responsabilité
de garder intact le patrimoine initiatique immémorial à
la base de toute spiritualité et de veiller à son application.
Elles sont en quelque sorte les conservatoires de la Tradition. Elles
ont la responsabilité de veiller à toute déviance
qui léloignerait des règles fondatrices. Elles sont
devenues et resteront les fondations solides de lInstitution, car
aucun Temple ne peut être construit sur le sable et encore moins
dans la boue. Le
G.R.A. (1) Larticle de Jean Pierre Augier sera intégralement publié dans le N° 27 de MASONICA |
|
DEVENEZ MEMBRE CORRESPONDANT DU G.R.A. pour la somme de : CHF 50.-/ € 35.- par an Fax : 021 323 67 77, e-mail : info@masonica-gra.ch |